Le temps, l'heure et les jours en lingala

Savoir dire quand les choses se passent est l'une des premières compétences utiles dans une nouvelle langue. Pour donner un rendez-vous, demander à quelle heure ouvre une pharmacie ou raconter votre semaine, il faut quelques mots de temps très courants. En lingala, ces mots reviennent dans presque toutes les conversations de la vie quotidienne, du marché aux fêtes de famille.

Dans cet article, nous allons voir le vocabulaire de base (matin, soir, semaine, mois, année, heure), puis des phrases réelles enregistrées par des professeurs natifs, des dialogues et un cas concret. Vous repartirez avec de quoi situer une action dans le passé, le présent ou le futur.

Évaluez votre niveau en lingala

Le temps en lingala : contexte culturel

Dans les conversations en lingala, le temps est rarement abstrait. On parle du matin (tongo) où l'on envoie un message, du soir (mpokwa) où l'on se retrouve pour discuter, de la saison des pluies, de la fête du week-end. Les repères temporels sont liés à la vie de tous les jours : le travail, le marché, la famille, les déplacements.

Un exemple parlant vient d'un échange entre un enfant et son père. L'enfant est interrogé sur la saison :

  • Mwana, oyebi eleko ya lelo? = Enfant, connais-tu la saison actuelle ?
  • Ezali eleko ya mbula, tata. = C'est la saison des pluies, papa.

Vous remarquez ici le mot mbula, qui veut dire à la fois « pluie » et « année ». Un même mot, deux sens : c'est le contexte qui vous dit de quoi on parle. Un autre mot pour « année » existe : mobu. On le retrouve dans mobu ya sika, « la nouvelle année ». Et pour souhaiter la bonne année, on emploie Bonana, un emprunt au français, ce qui montre à quel point les langues se mélangent dans la vie réelle.

Un autre trait à connaître : le mot lobi signifie à la fois « demain » et « hier ». Cela surprend au début. En pratique, le verbe de la phrase et le contexte lèvent le doute. Nous y reviendrons plus bas avec des exemples concrets.

Enfin, le calendrier religieux et familial structure beaucoup de plans : le dimanche (eyenga) est un jour de fête, et le samedi (mokolo ya poso) est souvent le jour des mariages. Dans notre matière, un frère se marie « samedi », et un autre personnage promet de ne pas manquer « dimanche prochain ». Apprendre les jours, c'est donc aussi apprendre à parler de la vie sociale.

Vocabulaire essentiel du temps

Voici les mots à retenir en priorité. Tous proviennent de leçons enregistrées par des professeurs natifs.

Lingala Français
tongo matin
mpokwa soir
lobi demain / hier
sanza lune, mois
mobu année
mbula année, pluie
ngonga heure
ngonga nini à quelle heure
poso semaine (aussi écrit mposo)
poso eleki la semaine dernière
poso ekoya la semaine prochaine
sanza ekoya le mois prochain
mokolo ya poso samedi
eyenga jour de fête, dimanche
mokolo ya eyenga dimanche
nsuka ya poso la fin de semaine, le week-end
mobu ya sika la nouvelle année

Quelques remarques pour mémoriser plus vite.

Une logique de « passé » et de « futur ». Regardez poso eleki (la semaine dernière) et poso ekoya (la semaine prochaine). Le mot poso reste identique, et c'est le second mot qui change : eleki renvoie au passé, ekoya renvoie à ce qui vient. On retrouve ekoya dans sanza ekoya (le mois prochain), et dans les phrases enregistrées on le voit aussi avec mobu ekoya (l'année prochaine) et eyenga ekoya (dimanche prochain). Cette mécanique vous permet de fabriquer vite de nombreuses expressions à partir d'un seul mot de base.

Deux mots pour « dimanche ». Le vocabulaire donne eyenga (jour de fête, dimanche) et mokolo ya eyenga (dimanche). Le premier est plus court et très courant à l'oral, comme dans « Eyenga ekoya », dimanche prochain.

Le samedi se construit sur la semaine. Mokolo ya poso se lit comme « le jour de la semaine ». C'est utile à savoir : quand on vous dit ce mot, on parle du samedi, comme dans la phrase sur le mariage du frère.

Le mot « heure ». Ngonga désigne l'heure. Pour poser la question, on ajoute nini : ngonga nini, « à quelle heure ». Nous verrons dans les exemples comment ngonga apparaît dans des phrases entières, par exemple pour parler d'une heure de fermeture ou d'un long trajet.

Phrases et dialogues pour parler du temps

Passons à la pratique avec des phrases exactes, enregistrées par un professeur natif. Lisez-les à voix haute, puis écoutez les audios natifs des cours Targumi pour caler votre prononciation.

Les durées et les rendez-vous

  • Amen. Toko monana lobi. = Amen. On se voit demain.
  • Iyo, lobi. Likambo te! = Oui, demain. Pas de probleme !
  • Malamu. Eko ya minuti mwambe. = Bien. Environ huit minutes.
  • Te, minuti mitano ata. = Non, cinq minutes au plus.
  • Tuku mibale ya minuti, kasi na suka douane esali mingi. = Vingt minutes, mais la douane est longue.

Ici, lobi veut dire « demain » : la phrase Toko monana lobi annonce une rencontre à venir. Notez aussi comment on donne une durée avec minuti (minutes).

Les semaines, les mois, les années

  • Na poso mibale. = Dans deux semaines.
  • Na sanza ya motoba. = Au mois de juin.
  • Elanga ekoya ntango nini? = Quand arrivera la saison seche ?
  • Na bambula 60-80. = Dans les annees 60-80.

La petite préposition na introduit souvent le moment : Na poso mibale, Na sanza ya motoba. C'est un modèle simple à réutiliser.

Un dialogue sur la semaine passée

Deux amis se retrouvent et se racontent leur semaine :

  • Mbote Gloria! Sango nini? Osalaki nini poso eleki? Namonaki yo te. = Salut Gloria ! Quoi de neuf ? Qu'as-tu fait la semaine dernière ? Je ne t'ai pas vue.
  • Te, nakendaki na lopitalo te. Nakendaki kaka na farmasi, nasombaki nkisi mpe nalalaki mokolo mobimba. Lelo nazali malamu. = Non, je ne suis pas allé à l'hôpital. Je suis juste allé à la pharmacie, j'ai acheté des médicaments et j'ai dormi toute la journée. Aujourd'hui je vais bien.

Ce dialogue montre poso eleki en situation réelle, et le mot lelo (aujourd'hui) pour ramener la conversation au présent.

Un dialogue sur l'avenir

Deux personnes parlent de leurs projets :

  • Patrick, okosala nini na poso ekoya? Nayoki ete okokende na mobembo. = Patrick, que feras-tu la semaine prochaine ? J'ai entendu que tu pars en voyage.
  • Ee, nakokende Matadi na motuka mpo ete ndeko na ngai ya mobali akobala na mokolo ya poso. = Oui, j'irai à Matadi en voiture parce que mon frère se marie samedi.
  • Kitoko! Okozonga tango nini? Nalingi tokutana liboso ya sanza ekoya. = Super ! Quand reviendras-tu ? Je veux qu'on se retrouve avant le mois prochain.

Voyez comment poso ekoya, mokolo ya poso et sanza ekoya se placent naturellement dans la même conversation. C'est exactement le vocabulaire du tableau, utilisé par des locuteurs natifs.

Hier, aujourd'hui, demain : le piège de lobi

Le mot lobi prend ses deux sens dans ces phrases :

  • Tokende! Kasi liboso, nakosilisa mosala oyo. Nabandaki yango lobi mpe nasilisi naino te. = Allons-y ! Mais d'abord, je vais finir ce travail : je l'ai commencé hier et je n'ai pas encore terminé.
  • Christian, lobi oyaki na feti ya libala ya ndeko na ngai te. Mpo na nini? = Christian, hier tu n'es pas venu à la fête de mariage de mon frère. Pourquoi ?
  • Mpe yo, telephone na yo ezali wapi? Nabengaki yo lobi na butu, oyanolaki ngai te. = Et toi, où est ton téléphone ? Je t'ai appelé hier soir, tu ne m'as pas répondu.
  • Limbisa ngai, ndeko na ngai. Telephone na ngai ebebaki, nakobongisa yango lobi soki nazwi mbongo. = Pardonne-moi, ma sœur. Mon téléphone est tombé en panne, je le réparerai demain si j'ai de l'argent.

Dans les deux premières phrases, l'action est déjà faite : lobi = hier. Dans la dernière, le verbe nakobongisa annonce quelque chose à venir : lobi = demain. Retenez ce réflexe : regardez toujours l'autre partie de la phrase pour savoir de quel jour on parle.

Cas concret : demander l'heure d'ouverture d'une pharmacie

Imaginez que vous êtes dans un quartier, que vous avez besoin de médicaments et que vous voulez savoir si la pharmacie est ouverte. Voici un échange réel, enregistré par un professeur natif :

  • Papa Mbuyi, mbote. Bolimbisa ngai, nakoki kotuna bino mwa likambo? Boyebi soki farmasi ya Mama Nicole ezali kosala lelo? = Papa Mbuyi, bonjour. Excusez-moi, puis-je vous poser une petite question ? Savez-vous si la pharmacie de Mama Nicole est ouverte aujourd'hui ?
  • Iyo, ezali kosala, kasi bakokanga yango na ngonga ya libwa. Kende noki, mpe keba na mituka, batambwisaka makasi na balabala oyo. = Oui, elle est ouverte, mais ils la fermeront à neuf heures. Va vite, et fais attention aux voitures, on roule fort sur cette route.

Que retenir de cet échange ?

  1. La politesse d'abord. On salue (mbote), on s'excuse de déranger (Bolimbisa ngai), puis on pose sa question. C'est la manière naturelle de demander une information à une personne plus âgée.
  2. Le moment se dit avec lelo. La question porte sur aujourd'hui : « ... ezali kosala lelo? ».
  3. L'heure se dit avec ngonga. La réponse donne l'heure de fermeture avec na ngonga ya libwa, « à neuf heures ». Le mot ngonga est le pivot de toute question d'heure.

Vous pouvez aussi utiliser ngonga nini, « à quelle heure », pour poser vous-même une question sur un horaire, et écouter la réponse.

Un autre cas fréquent est de parler de la durée d'un trajet, surtout dans une grande ville :

  • Kasi Lemba ezali mosika na mosala na yo. Okolekisa ngonga mingi na nzela, mpo nzela ya Kinshasa etondaka na mituka. = Mais Lemba est loin de ton travail. Tu passeras beaucoup d'heures sur la route, parce que les routes de Kinshasa sont toujours pleines de voitures.

Ici, ngonga mingi signifie « beaucoup d'heures ». Vous voyez qu'un même mot, ngonga, sert à dire l'heure de fermeture d'un commerce et la durée d'un trajet.

Enfin, pour organiser une soirée ou une rencontre, quelques phrases utiles se combinent avec le vocabulaire du tableau :

  • Tokobina rumba soir? = On danse la rumba ce soir ?
  • Ezali mokano ya malamu! Tango nakozonga, nakobenga yo, tokosolola na pokwa. = C'est une bonne décision ! Quand je reviendrai, je t'appellerai, nous discuterons le soir.
  • Natindaki yo sango na tongo. = Je t'ai envoyé un message le matin.

Ces trois phrases regroupent soir, pokwa (le soir) et tongo (le matin) dans des situations très concrètes : danser, discuter, envoyer un message.

À retenir et erreurs fréquentes

Récapitulatif

  • Moments de la journée : tongo (matin), mpokwa (soir).
  • Jours : mokolo ya poso (samedi), eyenga ou mokolo ya eyenga (dimanche).
  • Semaine et week-end : poso, nsuka ya poso.
  • Mois et années : sanza, mobu, mbula, mobu ya sika.
  • Passé et futur : poso eleki (la semaine dernière), poso ekoya (la semaine prochaine), sanza ekoya (le mois prochain).
  • Heure : ngonga, ngonga nini.
  • Hier ou demain : lobi, selon le contexte.
  • Voeux : Bonana pour la bonne année.

Erreurs fréquentes

1. Traduire lobi toujours par « demain ». C'est l'erreur numéro un. Avec un verbe qui indique une action terminée, comme dans Nabengaki yo lobi na butu, il s'agit d'hier. Avec un verbe qui annonce une action à venir, comme nakobongisa yango lobi, il s'agit de demain.

2. Confondre mbula (pluie, année) et mobu (année). Si vous parlez de « la nouvelle année », préférez mobu ya sika. Si vous parlez de la saison, eleko ya mbula désigne la saison des pluies.

3. Oublier le mot qui donne le sens de « dernier » ou « prochain ». Poso seul veut dire « semaine ». Pour parler de la semaine passée ou à venir, ajoutez eleki ou ekoya. Sans lui, votre interlocuteur ne saura pas de quelle semaine vous parlez.

4. Confondre poso et mokolo ya poso. Le premier est la semaine, le second est le samedi. Ne dites pas l'un pour l'autre si vous fixez une date.

5. Négliger la variante mposo. Le vocabulaire précise que poso s'écrit aussi mposo. Si vous voyez cette forme dans un texte ou un panneau, il s'agit du même mot.

6. Ne pas apprendre à l'oreille. Les accents et les tons comptent. Un mot comme sanza est noté /sánzá/ dans le vocabulaire, et mobu est noté /móbú/. Écoutez toujours l'enregistrement d'un natif avant de répéter.

Pour aller plus loin

Pour progresser, voici une méthode simple en quatre étapes.

  1. Apprenez d'abord les 17 mots du tableau. Recopiez-les à la main, puis cachez la colonne française et testez-vous.
  2. Mémorisez les phrases entières. Les phrases comme Na poso mibale ou Na sanza ya motoba sont plus utiles que des mots isolés, parce qu'elles montrent la structure de la phrase.
  3. Écoutez les audios natifs. Sur Targumi, les cours de lingala proposent des enregistrements humains réalisés par des professeurs natifs. Répétez chaque phrase à voix haute, puis comparez avec l'audio.
  4. Racontez votre semaine. Chaque soir, essayez de dire en une phrase ce que vous avez fait ou ce que vous ferez, avec lelo, lobi, poso eleki ou poso ekoya. Inspirez-vous des dialogues avec Gloria et Patrick.

Vous pouvez aussi mesurer votre point de départ avant de choisir vos prochains cours : Évaluez votre niveau en lingala.

Conclusion. Parler du temps en lingala repose sur un petit nombre de mots très fréquents : tongo, mpokwa, lobi, poso, sanza, mobu et ngonga. Avec eux, vous pouvez fixer un rendez-vous, demander un horaire, raconter la semaine passée et annoncer vos projets. Retenez surtout la logique de eleki et ekoya pour le passé et le futur, et méfiez-vous du double sens de lobi. Continuez à écouter des locuteurs natifs, répétez leurs phrases, et ces repères deviendront automatiques.