Le sami du Nord (Davvisámegiella) est la langue autochtone la plus parlée de Scandinavie, avec environ 25 000 locuteurs répartis entre la Norvège, la Suède, la Finlande et la Russie. Langue ouralienne — apparentée au finnois et au hongrois, mais PAS aux langues indo-européennes — le sami est porteur d'une culture millénaire façonnée par la toundra arctique, les rennes et les aurores boréales. Apprendre le sami en 2026, c'est se connecter à l'un des peuples autochtones les plus fascinants d'Europe.
Histoire du peuple et de la langue sami
Les Samis (aussi appelés Lapons, bien que ce terme soit considéré comme péjoratif) habitent Sápmi — leur territoire ancestral qui s'étend du nord de la Norvège à la péninsule de Kola en Russie. Les premières traces de la présence sami remontent à plus de 10 000 ans, faisant des Samis l'un des plus anciens peuples d'Europe.
La langue sami appartient à la famille ouralienne, branche finno-samique. Il existe en réalité NEUF langues sami distinctes, dont beaucoup sont mutuellement inintelligibles. Le sami du Nord est de loin le plus parlé (environ 25 000 locuteurs sur les 30 000 locuteurs sami totaux).
L'histoire du peuple sami est marquée par des siècles de colonisation et d'assimilation forcée. En Norvège, la politique de "norvégianisation" (fornorsking), active des années 1850 aux années 1960, interdisait l'usage du sami dans les écoles et les administrations. En Suède, les enfants sami étaient envoyés dans des "écoles nomades" séparées. Le joik (chant traditionnel) était interdit dans les écoles chrétiennes.
Le tournant survint dans les années 1970-80 avec le "mouvement Alta" (1979-1981) — une mobilisation massive contre la construction d'un barrage sur la rivière Alta en territoire sami. Bien que le barrage ait été construit, la mobilisation mena à la création du Parlement sami de Norvège (Sámediggi) en 1989, suivi par ceux de Suède (1993) et de Finlande (1996).
Le système d'écriture
Le sami du Nord utilise l'alphabet latin augmenté de sept caractères spéciaux :
| Lettre |
| Description |
| -------- |
| ------------ |
| á |
| "a" long |
| č |
| comme "tch" dans "tchèque" |
| đ |
| comme "th" anglais dans "this" |
| ŋ |
| comme "ng" dans "parking" |
| š |
| comme "ch" français |
| ŧ |
| comme "th" anglais dans "think" |
| ž |
| comme "j" français dans "jour" |
| Son |
| Exemple |
| ----- |
| --------- |
| a |
| ahkku (grand-mère) |
| á |
| áhčči (père) |
| ea |
| bealji (oreille) |
| ie |
| giella (langue) |
| oa |
| boazu (renne) |
| uo |
| guolli (poisson) |
| č |
| čáhci (eau) |
| đ |
| eađi (facile) |
| ŧ |
| muoŧŧá (tante) |
| ŋ |
| hearddáŋ (dur) |
| Cas |
| Exemple avec "guolli" (poisson) |
| ----- |
| ------ |
| Nominatif |
| guolli (le poisson) |
| Accusatif/Génitif |
| guoli (le poisson / du poisson) |
| Illatif |
| guollái (vers le poisson) |
| Locatif |
| guolis (au/du poisson) |
| Comitatif |
| guliin (avec le poisson) |
| Essif |
| guollin (en tant que poisson) |
| Sami du Nord |
| ------------- |
| Bures |
| Bures bures |
| Mana dearvan |
| Giitu |
| Leage buorre |
| De |
| Ii |
| Mii du namma lea? |
| Mu namma lea ... |
| Mo manná? |
| Bures manná |
| Mun in ádde |
| Sáhtte go veahkehit mu? |
| Mun hálidan oahppat sámegiela |
| Gos don orut? |
| Nombre |
| -------- |
| 1 |
| 2 |
| 3 |
| 4 |
| 5 |
| 6 |
| 7 |
| 8 |
| 9 |
| 10 |
| Sami du Nord |
| ------------- |
| Vuossárga |
| Maŋŋebárga |
| Gaskavahkku |
| Duorastaga |
| Bearjadaga |
| Lávvardaga |
| Sotnabeaivi |
Culture sami
Les rennes et le boazovázzi
L'élevage de rennes (boazodoallu) est le cœur de la culture sami. Le mot "boazu" (renne domestique) est distinct de "goddi" (renne sauvage). Le sami possède plus de 300 mots pour décrire les rennes selon leur âge, leur sexe, la forme de leurs bois, leur couleur, leur comportement. De même, il existe des centaines de termes pour la neige et la glace — "muohta" (neige en général), "seaŋáš" (neige granulée), "skávvi" (neige croutée), "vahca" (neige fraîche et molle).
Le joik (luohti)
Le joik est la tradition vocale la plus ancienne d'Europe — antérieure même au chant grégorien. Contrairement à la chanson occidentale, on ne joik pas SUR quelqu'un ou quelque chose : on joik quelqu'un ou quelque chose. Le joik est l'essence sonore d'une personne, d'un animal ou d'un paysage. Chaque personne a potentiellement son propre joik. Le joik a été interdit pendant des décennies par les missionnaires chrétiens qui le considéraient comme de la sorcellerie.
Aujourd'hui, des artistes comme Mari Boine et Sofia Jannok ont fait connaître le joik au monde entier, fusionnant tradition et musique contemporaine.
Le Sami National Day (6 février)
Le 6 février est la Journée nationale sami, commémorant le premier congrès sami tenu à Trondheim (Norvège) en 1917. Le drapeau sami, créé en 1986 par l'artiste Astrid Båhl, représente un cercle divisé en deux moitiés (rouge = soleil, bleu = lune) sur fond vert, rouge, jaune et bleu.
Le duodji (artisanat)
Le duodji est l'artisanat traditionnel sami : travail du cuir de renne, sculpture sur bois et corne, tissage, couture de vêtements traditionnels (gákti). Le duodji n'est pas simplement de l'artisanat — c'est une forme d'expression culturelle et spirituelle protégée.
Le sami aujourd'hui
Malgré des siècles d'oppression, le sami connaît un renouveau :
Apprendre le sami avec Targumi
Targumi est la seule plateforme au monde qui propose le sami aux côtés de plus de 106 langues rares — du breton au baloutche, de l'inuktitut au navajo. Nos cours sont conçus avec des locuteurs natifs.
Apprendre le sami, c'est se connecter à un peuple qui vit en harmonie avec l'Arctique depuis 10 000 ans. C'est découvrir une vision du monde façonnée par la toundra, les rennes et les aurores boréales. Et c'est contribuer à la survie d'une culture unique sur cette planète.
Mana dearvan, ja bures boahtin oahppat sámegiela! (Au revoir, et bienvenue pour apprendre le sami !)